• Printemps de Bourges

     

    Historique du Printemps de Bourges

    « Le Printemps de Bourges doit devenir, pour tous ceux qui s'intéressent à la chanson, un lieu de création, d'expression et de confrontation sur la chanson d'aujourd'hui. » C'est par cette phrase que Daniel Colling, fin 1976, présente un concept nouveau : un Festival de chanson, en plein cœur d'une ville moyenne de province, et qui doit se dérouler pendant les vacances de Pâques.

    Cette phrase, on peut la conjuguer au présent. Il suffirait de changer le mot « chanson », trop restrictif aujourd'hui, par « musiques actuelles » ou « musiques populaires », et on retrouverait aujourd'hui presque à l'identique l'esprit et la forme du premier Printemps de Bourges, tels que l'entendent son fondateur et ses complices, Maurice Frot et Alain Meilland.

    Depuis que cette phrase a été écrite, il est passé à Bourges 3229 artistes et groupes en vingt-neuf Printemps - trois décennies d'histoire des musiques populaires, Léo Ferré et Dominique A, NTM et Juliette Gréco, U2 et Cesaria Evora, Jean-Louis Murat et Jacques Higelin, les Têtes Raides et Anne Sylvestre...

     

    1977-1982 : l'envol d'une idée neuve

     

    Alors que règne à la télévision et à la radio la variété à paillettes des Dalida, Sardou et Mireille Mathieu, toute une partie de la chanson française peine à atteindre son public. L'envie qui motive le premier Printemps de Bourges, du 6 au 10 avril 1977, est de rassembler « l'autre chanson ».

    La forme est originale : en cinq jours, une quarantaine d'artistes et vingt concerts à la Maison de la Culture, dans un chapiteau monté place Séraucourt et au théâtre Jacques Cœur. Il y a là François Béranger, Jacques Higelin, Dick Annegarn, Bernard Lavilliers, Leny Escudero, Henri Tachan, Catherine Ribeiro, Colette Magny, Font et Val, Julos Beaucarne, Jacques Bertin, Mama Béa Tekielski, Joël Favreau, l'Haïtienne Toto Bissainthe, les Occitans Joan Pau Verdier et Marti : toutes les manières de chanter autrement, les chanteurs au drapeau noir et les chanteurs au drapeau rouge, les identitaires et les poètes, les nouveaux troubadours et les chercheurs d'une chanson nouvelle, ceux qui gueulent contre le vieux monde et ceux qui rêvent du monde futur, les « trad » et les électriques...

    Pour ne pas totalement dépayser le public « adulte », le Printemps a aussi invité les Frères Jacques et Serge Reggiani, mais aussi Charles Trenet, qui va chanter sous le grand chapiteau de 4000 places, après un hommage de la jeune génération, emmenée par Jacques Higelin. Le fou chantant sera fou de joie de la rencontre avec un public majoritairement très jeune.

    Le premier Printemps est un succès : presque 13000 billets vendus. Mais les relations entre le Printemps et une partie des Berruyers ne sont pas vraiment au beau fixe. Protestations des riverains et craintes des commerçants accueillent le débarquement des « Indiens », comme on appelle ce public à cheveux longs, sac à dos et bourse vide... Il faudra quelques années pour que la ville adopte vraiment son Festival.

    Dès sa deuxième édition, le Printemps est sur une pente irrésistiblement ascendante : quatre-vingt artistes, quarante-cinq concerts et 25000 spectateurs en cinq jours. Sept jours et 40000 spectateurs en 1979, neuf jours et 50000 spectateurs en 1981... Mais, chaque année, il faut renégocier le budget avec la Maison de la Culture, débattre de la survie même du Festival...

     

    Années 80 : le Festival des réalités nouvelles

     

    En 1982, avec l'arrivée de Jack Lang au ministère de la Culture, la donne change : l'Etat commence à subventionner le Printemps de Bourges, eut égard à sa position unique parmi les festivals français. La région Centre et le département du Cher vont compléter à partir de 1986 le partenariat des puissances publiques.

    Les années 80 vont voir passer à Bourges toute la scène française, des classiques plus ou moins jeunes (Léo Ferré, Yves Montand, Francis Cabrel, Serge Gainsbourg, Michel Jonasz, CharElie Couture, Charles Aznavour, William Sheller, Francis Lalanne) à toutes les nouvelles sensibilités (Indochine, Stephan Eicher, Etienne Daho, Daniel Balavoine, Alain Bashung). Mais le Printemps va être aussi le théâtre du déferlement du rock nouveau : The Cure en 1982, U2 en 1983, Simple Minds en 1984, etc...

    Depuis le premier Printemps, il y a à Bourges des scènes ouvertes (c'est d'ailleurs là qu'a été inventée cette expression). Les fameuses Découvertes apparaissent en 1986 pour signaler des groupes et artistes repérés par les « antennes » du Printemps partout en France - et certaines années à l'étranger. On y verra Chanson Plus Bifluorée et les Hot Pants de Manu Chao (1986), la Mano Negra (1988), les Têtes Raides (1989), Zebda (1990), Faudel (1996), Madeleine Peyroux, Paris Combo et Lhasa (1997), Bams (1999), Jeanne Cherhal (2001), Nosfell (2004), Anaïs (2005)...

    Le Printemps invente aussi de nouvelles formules à l'intérieur de la programmation festivalière : Musiques buissonnières (pour le classique), Maximômes (spectacles pour enfants), un abondant cycle de spectacles d'humour (on se souvient de performances historiques de Pierre Desproges), les Hors jeux (spectacles de rues), les Pêchés de chère (soirées associant musique et gastronomie)...

    Au 10e Printemps, en 1986, on atteint 125000 spectateurs, dix fois plus qu'en 1977. Et le record est encore battu en 1987 avec 133000 spectateurs payants. Mais en 1989 le Printemps, souffrant de gigantisme, est contraint de déposer son bilan mais n'en continue pas moins son activité.

     

    1990-1998 : le Festival post-moderne

     

    Le nouveau départ du Printemps, en 1990, voit l'irruption du rap, avec Public Enemy ou, l'année suivante, une légendaire conférence de presse commune de NTM et Juliette Gréco. Le Festival est aussi la tête de pont de l'ouverture historique du public français aux musiques du monde, depuis quelques années (on se souvient du plus gros concert du Printemps : les 18000 spectateurs de Johnny Clegg en 1988). Les années 90 le voient radicaliser ce choix-là, accueillant toutes les vedettes de la world music : Khaled, Youssou N'Dour, Salif Keita, Kassav', Rachid Taha, Cheb Mami, Ray Lema, Cesaria Evora, Papa Wemba, Lucky Dube, Manu Dibango, Danyel Waro, Compay Segundo, Yuri Buenaventura, Madredeus, I Muvrini... Et c'est sous le grand chapiteau de Bourges que se manifeste le plus spectaculairement la passion française pour le reggae, des Wailers en 1997 à Massilia Sound System à cinq reprises.

    Le Festival affronte aussi la complexité du marché musical en épousant ses contours changeants : diverses tribus rock ou électro, variété grand public et chanson exigeante, électro et rock, Rita Mitsouko et Eddy Mitchell, Négresses Vertes et Henri Salvador, Joe Cocker et MC Solaar, Patricia Kaas et Blur, Noir Désir et Worlds Apart... C'est cet élargissement tous azimuts qui manque, une fois de plus, d'entraîner la fin du Printemps, en 1998.

    Mais, entre temps, le Printemps est devenu le plus grand rendez-vous des professionnels des musiques populaires, notamment avec le salon professionnel international Tam Tam France. Il a aussi importé en France les Magic Mirrors, chapiteaux de bois et de miroirs venus de Belgique et adoptés depuis par cent autres festivals en France. Et, avec « Le Printemps dans la ville », il a fini de se réconcilier avec Bourges en structurant l'abondante programmation de concerts dans les bars pendant le Festival.

     

    1999-2012 : le retour aux sources

     

    Dans les années 90, le Printemps a de nouveau dépassé la barre des 100000 spectateurs. Avec sa nouvelle équipe de programmation, Daniel Colling décide à partir de 1999 de revenir à ses valeurs fondamentales d'origine, la découverte et l'audace. Rock « pointu », créateurs les plus féconds de l'électro, nouveaux chanteurs français : le Printemps redevient la caisse de résonance des nouveautés les plus passionnantes du moment, de Yann Tiersen à Vincent Delerm, de Dionysos aux Têtes Raides, de Souad Massi à Tiken Jah Fakoly, de Bénabar à Susheela Raman, de Cali à Franz Ferdinand... C'est là que se confirment ou se dégonflent les « buzz », que se révèlent les valeurs scéniques, que se réévaluent les hiérarchies.

    C'est également à cette période, en 2000, que le label Découvertes, en association avec la Fnac, devient « Attention Talent Scène, les Découvertes du Printemps de Bourges et de la Fnac ».

    Le format du Festival est désormais volontairement cadré autour des 50000 places, avec un taux de remplissage qui dépasse les 95% : plutôt que sur des jauges énormes, le Printemps mise plus sur l'excellence et la pertinence de sa programmation, conquérant une influence et une légitimité qu'il n'avait jamais connues jusqu'alors dans son histoire.

     

    Autant de grands noms sur scène - Dominique A, Miossec, Jane Birkin ou Bernard Lavilliers -, autant de grands souvenirs… Le comédien Vincent Dedienne met en scène une Création spéciale très attendue ce mercredi soir sur la scène du Palais d'Auron, au Printemps de Bourges. De quoi donner le vertige même si, assure-t-il, on lui a demandé d'éviter "l'aspect commémoratif et plombant " et de privilégier ce qu'il sait faire : "l'humour "

    Depuis 1977 et l’inauguration par Jacques Higelin et Charles Trenet, Bourges a en effet accueilli du beau monde : Johnny Hallyday, Daniel Balavoine, Serge Gainsbourg, U2 et la folie Renaud en 1986.

    Deux ans plus tard, en 1988, le Sud-Africain Johnny Clegg établira un record : plus de 20.000 spectateurs en transe, devant la caméra de France 3 qui saisit l'admiration des spectateurs, notamment devant l'engagement du chanteur très investi contre l'apartheid.

    La chanson française, avant que le rock – Patti Smith, Jerry Lee Lewis et Lou Reed notamment - et enfin le rap et l’électro n’arrivent au Printemps de Bourges. En 2014 par exemple, le phénomène Stromae envoûte son public ; aujourd'hui le festival organise même des soirées dédiées "Rock 'n' Beat".

     

    Tous ces grands moments ont aussi fait la réputation du Printemps : l’année dernière, 230.000 festivaliers s’y sont rendus, vingt fois plus qu’il y a quarante ans.

     

    2017 : Festival

    01 - RENAUD - TIM DUP. ...

    02 - PLACEBO "20 years of Placebo" - … ...

    03 - JAIN - BOULEVARD DES AIRS - VIANNEY - LAURE CAHEN. ...

    04 - HAPPY FRIDAY. ...

    05 - ROCK'N BEAT. ...

    06 - SOPRANO - KEBLACK. ...

    07 - "Mes Hommes" création autour de BARBARA / ALEXANDRE THARAUD. ...

    08 - FRENCH FUSE-POGO CAR CRASH CONTROL-JUPITER-CARPENTER BRUT.


    votre commentaire
  •  

      Un peu d'histoire

     

     

     

     

     

     

     

     Le Berry, ancienne province du centre de la France, a formé les départements du Cher et de l'Indre. 

     

     

     

    . Il y a environ un millions d'années, au paléolithique, l'Homo Erectus était présent sur la bordure nord-ouest du massif central, dans le sud de l'actuel département de l'Indre (recherches effectuées par Jackie Despriée depuis 1982). 

     

    . Le campement de chasseurs de Lavaud, près d'Eguzon-Chantôme est le plus ancien habitat connu en Berry et l'un des plus vieux connus en France. 

     

    . Au paléolithique supérieur, l'habitat se concentre dans les vallées encaissées de la Creuse et de l'Anglin, au sud-ouest d'Argenton. 

     

    . Il y a 30.000 ans l'Homo Sapiens s'installe en Berry. 

     

    . Les chasseurs solutréens traquaient encore le gibier à Fressignes, près d'Eguzon, il y a 19.000 ans. 

     

    . 4.000 ans avant JC, le néolithique voit le défrichement des forêts, l'installation des premiers villages et l'émergence des premières divinités (elles survivront aux cultes celtiques, romains puis chrétiens). 

     

    . Les métallurgistes de l'âge du bronze ont laissés quelques traces dans l'Indre (Martizay, Nohant, Argenton-sur-Creuse) et dans le Cher (Neuvy sur Barangeon, Fonts-Gaidon, Vierzon).

     

     

     

     

     

     

     

    . Un des peuples celtiques les plus importants de la Gaule, les Bituriges Cubi, "rois du monde", forgerons attirés par ses ressources en minerai de fer, s'installent en Berry du Ve au VIIe siècle avant JC (ils exerceront leur hégémonie sur plus du tiers de la Gaule). 

     

    . Leur devise, qui figure encore dans les armoiries de la ville de Bourges, est "Penes Bituriges summa imperii " (Aux Bituriges le pouvoir suprême). 

     

    . Ils développent le commerce avec les pays méditerranéens et établissent des hauteurs fortifiées, les oppidas, tels Argentomagus (Saint Marcel), Gabatum (Levroux), Magodunum (Mehun-sur-Yèvre), Medolanium (Châteaumeillant), etc. 

     

    . La capitale est Avaricum, un oppidum de plaine protégé par des marais (la ville "riche en eau", Bourges).

     

     

     

    Bituris (Bourges), serait nommé ainsi à cause de ses deux tours selon Tite-Live.

     

     

     

     

     

     

     

    . Les Bituriges s'allient aux Arvernes puis aux Eduens (alliés à Rome) et, face à l'invasion des légions romaines, refusent d'incendier leur ville selon le plan de campagne Vercingetorix (tactique de la terre brûlée). 

     

    . Après le sac de Genabum (Orléans), en avril 52, César prend Avaricum le mois suivant, ville dont il dit qu'elle est "une des plus belles villes de la Gaule" et vante le courage de ses défenseurs, massacre ses 40.000 habitants (Guerre des Gaules).

     

     

     

    Reconstruite à la mode romaine, elle devient la capitale de la Province première d'Aquitaine. 

     

    . Le Berry est incorporé à l'Empire Romain pour 5 siècles, connaissant la paix (Pax Romana) et la prospérité. 

     

    . En 27, le Berry celtique appartient à la province d'Aquitaine et voit l'invasion des Alamans puis des Francs. 

     

    . Bourges/Avaricum est la capitale de l'Aquitaine Première à la fin du 3e siècle après JC, son premier évêque évangélisateur étant Saint Ursin.

     

     

     

     

     

     

     

    . Les Wisigoths conquièrent l'Auvergne et le Berry en 475, les Francs la reprenant en 507 (victoire de Clovis sur Alaric à Vouillé). 

     

    . Le comté de Bourges, rattaché au royaume d'Orléans et en dehors du "regnum Francorum ", est ravagé en 532 par Thierry 1er, roi d'Austrasie (Metz), et fils de Clovis, puis en 583 au cours de la guerre entre Chilpéric 1er, roi de Paris et époux de Frédégonde, et son frère Gontran, roi de Bourgogne et d'Orléans. 

     

    . A la mort de Gontran, le royaume d'Orléans appartient à la cruelle ennemie de Frédégonde, Brunehaut, fille du roi wisigoth Athanagilde. 

     

    . La germanisation de Bourges est relative, les familles sénatoriales gallo-romaines gardant toute leur influence. 

     

    . En 719, Eudes, Duc d'Aquitaine, fait reconnaître son autorité sur le Sud de la Loire par Charles Martel. 

     

    . Pépin le Bref, fils de Charles Martel et premier roi carolingien, reconquiert le Berry à partir de 731 (prise de Bourges en 762, d'Argenton en 766), conquête achevée par son petit-fils Waïfre, assassiné en 768 en Périgord.

     

     

     

     

     

     

     

    . Le royaume d'Aquitaine est créé en 778 par Charlemagne pour son fils Louis 1er, dit Le Débonnaire ou Le Pieux, qui deviendra empereur d'occident et roi des francs et l'attribuera à son fils Pépin Ier. 

     

    . Louis 1er eut à combattre, durant tout son règne, les révoltes de ses fils Lothaire, Louis et Pépin. 

     

    . Il cède l'Aquitaine à son fils Pépin 1er (814-838) puis à Pépin II (838-843).

     

     

     

     

     

     

     

    . En 843, le traité de Verdun l'en dépossède au profit de Charles II le Chauve, fils de Louis le Débonnaire et de Judith de Bavière, qui en fait couronner roi son fils Charles ( "l'Enfant ") en 855. 

     

    . A la mort de celui-ci en 867 à Buzançais, les comtes de Bourges se succèdent: Girart (Gérard de Roussillon ?), Boson, beau-frère de Charles le Chauve et "roi de Provence ", Bernard de Gothie, qui fera trancher la tête de Sainte Solange, patronne du Berry, en 878, Bernard Plantevelue, comte d'Auvergne, Guillaume 1er le Pieux, "dux aquitanorum " et fondateur de l'abbaye de Cluny en 909, tenant sa cour à Bourges. 

     

    . A la mort de Guillaume le Pieux, son fils, Guillaume le Jeune est contesté par les habitants de Bourges 

     

    . De nombreux conciles se tiennent à Bourges, en 1031 (sur la réforme de l'Eglise), en 1225 (contre les albigeois), en 1528 (contre le protestantisme) et en 1584 (sur l'application des déécrets du Concile de Trente).

     

     

     

     

     

     

     

    . Le vicomté de Bourges, héréditaire et indépendant depuis l'époque carolingienne, est vendu 60.000 sous d'or par Eudes Arpin, dernier Vicomte de Bourges, partant pour la croisade, à Philippe 1er qui le rattache à la couronne en 1101. 

     

    . Bourges devient ville royale, Louis VII, Le Jeune, époux d'Aliénor d'Aquitaine s'y faisant couronner en 1137.

     

     

     

     

     

     

     

    . Au XIIe siècle, les bénédictins encouragent la reconstruction de nombreuses églises de style roman, les cisterciens fondant les abbayes de Noirlac, Fontmorigny et Lorroy. 

     

    . Les travaux de la Cathédrale de Bourges débutent en 1195 (campagnes de 1195-1215 et 1225-1260), celle-ci étant consacrée en 1324. 

     

    . Les fiefs du Berry Aquitain sont cédés en dot par Jean sans Terre, roi d'Angleterre et fils d'Aliénor d'Aquitaine, à sa nièce Blanche de Castille, fiancée du futur Louis VIII (traité du Goulet, 1200). 

     

    . La Tour Blanche d'Issoudun, construite par Richard Coeur de Lion, devient forteresse royale.

     

     

     

     

     

     

     

    . Philippe Auguste, en lutte avec les Plantagenets qui tiennent l'Aquitaine, fortifie les villes royales de Bourges, Dun et Aubigny. 

     

    . Louis IX (Saint Louis) rachète les droits du comte de Champagne sur le Berry en 1234. 

     

    . Après les ravages causés en 1356 par le Prince Noir (Edouard, prince de Galles), l'apanage d'Auvergne et du Berry (duché-prairie) est créé pour Jean de France, troisième fils de Jean II le Bon, en 1360 (capitale Bourges). 

     

    . A la mort de Charles V le Sage, Jean, duc de Berry, tuteur de Charles VI, roi Bien-Aimé mais devenu fou, devient un prince riche et influent, profitant de la folie du roi, de la rivalité des Armagnacs et des Bourguignons. 

     

    . Après le meurtre de son neveu Louis d'Orléans par son autre neveu Jean sans Peur puis le mariage de Charles d'Orléans avec la fille de Bertrand d'Armagnac (son propre gendre), il prend les armes et provoque ainsi le siège de Bourges par les troupes de Jean sans Peur et du malheureux roi fou (il doit traiter une paix précaire et dédommager les anglais, mourant ruiné en 1416). 

     

    . Grand collectionneur, il installe une de ses cours à Bourges de nombreux artistes, dont les frères de Limbourg qui illustrent pour lui les "Très Riches Heures" (achevées vers 1845 par le peintre berruyer Jean Colombe).

     

     

     

     

     

     

     

    . A sa mort en 1416, le dauphin (futur Charles VII) devient duc de Berry mais, chassé de Paris en 1419 par les Anglais et les Bourguignons, déshérité par le traité de Troyes, il vient s'installer à Bourges. 

     

    . Avec les Armagnacs et les serviteurs fidèles à la monarchie, il devient roi à Mehun sur Yèvres, ses ennemis le surnommant le "roi de Bourges", où il installe sa cour (la chancellerie, le conseil royal et la chambre des comptes) et créé un parlement et une cour des aides à Poitiers. 

     

    . Le 7 juillet 1438, Charles VII promulgue la "pragmatique sanction" à Bourges qui fixe les droits du clergé.

     

     

     

    Dénonçant dès le préambule les abus de la papauté et proclamant la supériorité du concile sur le pape, elle déclarait applicables en France les canons des conciles de Constance et de Bâle limitant les pouvoirs du pape. Elle ordonnait la libre élection des évêques et des abbés par les chapitres et les monastères, supprimait les réserves, les grâces expectatives, les annates, limitait les appels en cour de Rome, restreignait les effets de l'excommunication et de l'interdit. Accueillie favorablement par l'Eglise de France et par le parlement, la pragmatique sanction de Bourges ne fut jamais approuvée par Rome ; les ducs de Bourgogne et de Bretagne refusèrent également de l'admettre. Elle resta en vigueur jusqu'au concordat de 1516, mais avec des fluctuations, en particulier sous le règne de Louis XI.

     

     

     

    . Grâce aux conseils d'Agnès Sorel qui le convainc "d'abandonner ses chasses, ses plaisirs et ses jardins, son indolence et son irrésolution pour courir sus à l'anglais", au soutien armé des écossais de Jean Stuart auquel il cède la seigneurie d'Aubigny sur Nère en 1423 et à l'aide de Jeanne d'Arc et du puissant financier Jacques Coeur, Charles VII se réconcilie avec Philippe le Bon (Paix d'Arras, 1435) et libère Paris des anglais en 1436 où il entre solennellement en 1437.

     

     

     

    Faible, craintif, méfiant, souffreteux et surtout ingrat, Charles VII "l'Indolent" puis "le Victorieux" mais toujours "le Bien Servi", abandonne la malheureuse pucelle aux anglais en 1431 et laisse condamner injustement Jacques Coeur en 1451. 

     

    Un arrêt est prononcé contre Jacques Coeur le 29 mai 1453 et le duché est remis au roi Louis XI par son frère Charles.

     

     

     

     

     

     

     

    . Louis XI, roi de France de 1461 à 1483, naît à Bourges en 1423. 

     

    . La Guyenne et le Berry reviennent à la couronne à la mort de Charles, frère de Louis XI. 

     

    . Bourges capitale des alchimistes, devient le siège d'un très réputée Université créée par le duc Charles de Berry en 1463 (imposée par Louis XI au Parlement, contre l'hostilité de la Sorbonne), dont les maîtres furent Alciat et Cujas (elle diparut à la Révolution).

     

     

     

     

     

     

     

    . Le professeur de grec et humaniste Nicolas Wolmar, protégé par Marguerite de Navarre, "la marguerite des princesses ", y propage la doctrine luthérienne et Jean Calvin, étudiant en théologie, y publie "l'Institution Chrétienne" (1536) et développe la Réforme en Berry (particulièrement à Sancerre et Lignières). 

     

    . Marguerite de Savoie, duchesse de Berry à la mort de sa tante, prend comme conseiller Michel de l'Hopital, humaniste auvergnat très tolérant en matière religieuse, qu'elle recommande à Catherine de Médicis. 

     

    . Après les dévastations des Guerres de Religion et le terrible incendie de Bourges le 22 juillet 1487 (les bourgeois reconstruisent leurs hôtels en pierre, à l'exemple de celui des Lallemant), Henri II de Condé devient gouverneur du Berry. 

     

    . Le duché-prairie du Berry appartient à Jeanne de France, épouse de Louis XII en 1499, à Marguerite de Navarre, soeur de François 1er, à Marguerite de Savoie, soeur d'Henri II puis au duc d'Anjou, futur Henri III en 1570. 

     

    . Sous l'impulsion de Louis de Condé et de Coligny, la foi nouvelle s'implante à Sancerre, calviniste depuis 1548, à Bourges et Issoudun, puis à La Châtre, Aubigny et Saint-Amand (en quelques années, un tiers du royaume s'est détaché de l'église romaine).

     

     

     

     

     

     

     

    . Montgomery, sire de Lorges, prend Bourges sans combattre le 27 mai 1562 puis la perd après 10 jours de siège au profit de Charles IX. 

     

    . Sancerre est assiégé en 1573 par Claude de La Châtre, lieutenant-gouverneur de Touraine puis de Berry en 1569, allié aux capitaines d'Orléans et de Gien, pendant 7 mois puis tombe le 19 août, seuls les remparts étant détruits et une indemnité réclamée en représailles. 

     

    . La saint Barthélémy, provoquée par Charles IX, sous l'influence de sa mère, Catherine de Médicis, n'a entraîné à Bourges que l'arrestation d'une trentaine de suspects, égorgés le 11 septembre. 

     

    . Les protestants abjurent leur foi au couvent des Capucins à Châteauroux.

     

     

     

     

     

     

     

    . Maximilien de Béthune (château de Béthune à La Chapelle d'Angillon) devenu Duc de Sully fonde la ville d'Henrichemont, au centre d'une seigneurie qui pouvait servir de refuge à ses coreligionnaires. 

     

    . Le Prince Henri II de Condé, en guerre contre la régente Marie de Médicis, prend le gouvernement du Berry (Paix de Loudun) et rachète les fiefs de Sully (sauf celui d'Henrichemont).

     

     

     

    Il s'installe au château de Montrond, forteresse imprenable. 

     

    Son fils Louis, Duc d'Enghien et futur vainqueur de Rocroy est baptisé solennellement à Bourges. 

     

    Il rejoint la Fronde contre Anne d'Autriche et est emprisonné par Mazarin en 1650.

     

     

     

    . Malgré le soulèvement de la noblesse berrichonne, Anne d'Autriche et Louis XIV font leur entrée à Bourges en 1651. 

     

    . Pendant le XVIIe siècle, la population du Berry décroît au profit de celle des villes. 

     

    . Des émeutes ont lieu à Morogues en 1644 et à Bourges en 1655 et 1664 pour protester contre la gabelle et les impôts indirects qui écrasent les paysans et les petites gens des villes. 

     

    . Le Berry est l'apanage donné généralement à un fils de France cadet, Orléans et Anjou étant donnés au dauphin, lorsque ces apanages sont libres. 

     

    . Louis XVI, petit-fils de Louis XV, fut d'abord duc de Berry, devenant l'héritier au trône après la mort de ses deux frères aînés (Louis Joseph Xavier, duc de Bourgogne, et Xavier Marie Joseph, duc d'Aquitaine). 

     

    . Les "Gendarmes et Chevaux Légers de Berry" sont créés en 1761, sous l'autorité du duc de Berry, devenu Louis XVI en 1765, avant leur réforme définitive en 1776.

     

     

     

    A partir de 1730 les différents escadrons sont distingués par une couleur qui se retrouve sur la bandoulière porte mousqueton, le cordon de sabre, la hampe de l'étendard et les flammes des trompettes, les Gendarmes de Bourgogne/Berry ont le jaune jonquille, les chevaux Légers de Bourgogne/Berry ont le violet. 

     

    Les Gendarmes de Bourgogne/Berry servent à la suite des Gendarmes Anglais au sein du premier escadron, alors que les Chevaux Légers de Bourgogne / Berry sont placés à la suite des Gendarmes Ecossais pour former le deuxième escadron.

     

     

     

     

     

     

     

    . En 1757, le régiment de Berry arrive au Québec, sous le commandement de Louis Joseph, marquis de Montcalm de Saint Véran.

     

     

     

    Montcalm s'empare du fort d'Oswego (1756) puis du Fort William Henry (1757), où il ne peut empêcher les Indiens auxiliaires Algonquins et Hurons, les Iroquois étant liés aux anglais) de la France de massacrer les prisonniers anglais. 

     

    En 1758, il défend héroïquement Ticonderoga (Fort Carillon, 8 juillet 1958), au sud du Lac de Champlain, avec des forces dérisoires (On comptait 65 000 colons français pour 1 200 000 anglais). 

     

    Mais il doit ensuite abandonner Louisbourg (26 juillet 1758) et Fort Duquesne en 1758. 

     

    Il est mortellement blessé en défendant Québec, dans les plaines d'Abraham (18 septembre 1759), alors que ses troupes se débandent devant les Anglais de James Wolfe qui a reçu d'importants renforts. 

     

    Wolfe est tué et Montcalm, blessé, meurt le 19 septembre 1959. 

     

    (A voir, les excellentes archives de Jean Vial

     

     

     

    . Le dernier Duc de Berry est le second fils du comte d'Artois (futur Charles X), Louis Charles Ferdinand, qui épousa Marie-Caroline de Bourbon-Sicile (duchesse de Berry) et fur assassiné par Louis Louvel en 1820 (chute du 1er ministre Decazes). 

     

    . Eloigné des routes marchandes et à cause d'une bourgeoisie indolente, le Berry décline. 

     

    . Les intendants dirigent le Berry sur de longues périodes, sans compréhension ni considération pour le peuple (Dey de Sereaucourt pendant 17 ans de 1682 à 1699, Denis Dodart 49 ans de 1728 à 1767, Dupré de Saint-Maur 11 ans). 

     

    . Après l'échec des implantations de manufactures en Berry, les forges de Vierzon sont créées par le Duc d'Artois en 1775 (ingénieur Aubertot), le Berry produisant 7.000 tonnes de fer et de fonte à la veille de la révolution.

     

     

     

     

     

     

     

    . Jacques Necker réunit en Berry, en 1778, une assemblée provinciale où l'on vote par tête et où les voix du tiers-état sont doublées (prototype des Etats Généraux, 48 membres, 12 pour la noblesse, 12 pour le clergé et 24 pour le tiers-état).

     

     

     

    L'expérience est étendue à tout le royaume en 1787. 

     

    Les Etats Généraux sont préparés au couvent des Capucins à Châteauroux en 1789.

     

     

     

     

     

     

     

    . En 1790, 83 départements sont créés, dont le Cher et l'Indre.

     

     

     

    "Paris, 26 février 1790 : Pour unifier les multiples circonscriptions administratives du royaume, l'Assemblée constituante a décrété de le diviser en départements. La tâche n'a pas été facile. Depuis cinq mois, le Comité de constitution a reçu et traité des milliers de pétitions. Les provinces ont demandé que le nouveau découpage ne bouleverse pas trop leurs anciennes limites. Quant aux villes, elles ont rivalisé pour devenir des chefs-lieux. Il est grand temps maintenant de baptiser les départements. Aux noms de provinces, on a préféré ceux de rivières et de montagnes." 

     

    Saint-Amand devient Libreval, Châteauroux Indre-Libre et Levroux Riche-Laine et la cathédrale de Bourges devient l'édifice Etienne.

     

     

     

     

     

     

     

    . La Révolution passe sans excès en Berry (aucun château attaqué, quelques émeutes de subsistance dans les petites villes, la guillotine ne faisant que 6 victimes), excepté en Sancerrois où un noyau de chouannerie (les "petites Vendées ") est vite réprimé.

     

     

     

    . Centre, 21 décembre 1793 : "Le mauvais état des chemins préoccupe gravement les autorités des départements du Cher et de l'Indre. Il suffit que le temps s'en mêle pour que les attelages s'enlisent et que les carrioles versent dans le fossé. Ainsi, la route qui mène de Bourges à la forêt d'Allogny s'est effondrée, coupant la ville de sa réserve de bois. Plus grave, la diligence qui assure la liaison avec la capitale a été mise hors d'usage par la chute d'un châtaignier déraciné par le vent. C'est dans ses malles qu'était convoyé le courrier officiel et les brèves missives du Tribunal révolutionnaire. Plus que jamais, le Berry est coupé du monde." 

     

    . Sancerre, 9 novembre 1794 : "Le berrichon Mac Nab est vivant et libre. Pourtant, cet ancien garde du corps du roi revient de loin. Arrêté en même temps que cinq autres personnes en mai 1794, pour avoir tenu des propos inciviques, il a été le seul à ne pas être guillotiné. En effet, Fouquier-Tinville, contrairement à son habitude, avait trouvé son dossier insuffisant et demandé des précisions. Les réponses évasives du tribunal du Cher obligèrent l'accusateur à redemander des informations sur le prévenu. Mais, la lenteur du courrier aidant, Thermidor est arrivé avant que le détenu ne passe en jugement. Ainsi, Mac Nab est de nouveau citoyen. Mieux, on lui a restitué ses biens." 

     

    . Cher, 16 avril 1796 : "Le patriotisme n'est plus ce qu'il était. A Baugy, quiconque entrerait pour la première fois dans le village aurait du mal à reconnaître, dans les "trois mauvaises planches de bois" fichées sur la place, la charpente du ci-devant autel de la Patrie. Le monument, sacré il y a encore quelques mois, a été laissé à l'abandon. Quant à l'arbre de la Liberté, tout couvert de piques et de banderoles qui poussaient à son pied, il sert maintenant d'épouvantail aux moineaux. Personne ne porte plus sa cocarde. Et ceux qu'on s'avise d'arrêter pour cette raison s'en moquent ouvertement." 

     

    . Bourges, 16 avril 1796 : "Les jeunes "épousées" en blanc, parées de fleurs et de rubans tricolores, se sont montrées dignes de la cérémonie organisée à leur intention. Pour leur fête civique, les couples ont eu droit à l'escorte de la troupe de ligne et à l'hommage des vieillards et des enfants. Ce mariage devant l'autel de la Patrie aurait été parfait si la pluie n'était venue interrompre le bal aux lampions. Tous ont dû se réfugier à l'intérieur de l'édifice Etienne, la ci-devant cathédrale. Vingt-cinq hommes en armes ont également pris place sur les prie-Dieu pour veiller à la décence publique..." 

     

    . Bourges, 14 juin 1796 : "Lorsqu'on manque de morale, il faut au moins avoir un peu de discrétion. Pour ne l'avoir pas compris, la femme Bouillonnet a été dénoncée aux officiers municipaux. Les gendarmes n'ont été dépêchés sur les lieux que vers dix heures du soir, afin de mieux surprendre la citoyenne dans ses activités. Quand elle a ouvert sa porte, il y avait chez elle quelques jeunes militaires qui semblaient avoir accroché depuis longtemps leur baïonnette à la patère... Les joyeux grenadiers ont été arrêtés sur le champ, ainsi que leur hôtesse. Son manège ne date pas d'aujourd'hui, et les voisins ont accusé cette "délinquante" d'avoir fait de sa maison un lieu de "prostitution et de débauche". Mais ce que les autorités lui reprochent surtout, c'est d'avoir perverti des hommes en uniforme." 

     

    . Bourges, 17 juillet 1797 : " "Des cloches, point de clubs !". Par cette. formule énergique, les Berruyers ont manifesté leur colère à l'égard du Directoire en général et des autorités municipales en particulier. Cette nuit, ils ont collé quantité d'affiches sur ce thème. Ils en ont assez des paroles sacrilèges et officielles que l'on profère contre la ci-devant cathédrale. Ils ne savent plus à quel prêtre se vouer et si le leur sera toujours là le lendemain. Leur attitude n'est pas isolée ; elle illustre bien le sentiment que partagent bon nombre de citoyens : la République exagère avec l'Eglise." 

     

    . Bourges, 6 janvier 1798 : "Pour remettre l'insigne patriotique à l'honneur, il n'y a qu'une solution : l'imposer. Quiconque aura omis volontairement de l'épingler sera traduit en justice. Il en ira de même pour ceux qui porteront "les cheveux en cadenettes retroussées" ou des redingotes à la manière des Muscadins. Car, les autorités en sont convaincues, c'est d'abord le costume qui fait les bonnes moeurs et le bon citoyen."

     

     

     

    . En 1800, Bourges compte 16 000 habitants, 45 735 en 1911 puis 76 432 en 1982. 

     

    . En 1840, Henri Gatien, comte Bertrand, fidèle général d'empire né à Châteauroux ramène les restes de Napoléon 1er qu'il avait suivi à l'Ile d'Elbe et à Saint-Hélène. 

     

    . Le jeune avocat provençal Louis Michel, dit "Michel de Bourges " ,s'y installe en 1826 et créé la "Revue du Cher.

     

     

     

    Il fait arborer le drapeau tricolore à Bourges en 1830 et connaît des amours orageuses avec Aurore Dupin, baronne Dudevant, dite George Sand.

     

     

     

    . Vers 1800, la porcelaine s'installe à Foëcy, une manufacture étant construite en 1854 à Mehun-sur-Yèvres, commanditée par le suisse Pillivuyt.

     

     

     

     

     

     

     

    . Le Berry se replie sur lui-même jusqu'au percement du canal du Berry (1818-1842), l'extension du réseau routier (loi Thiers-Montalivet de 1836) et l'arrivée du chemin de fer (1843-1861). 

     

    . La première machine à vapeur est installée à La Guerche dès 1830. 

     

    . Le marquis de Voguë, installé à Aubigny, transfère ses forges à Mazières (Bourges) pour y fabriquer des rails (fabrication du pavillon Baltard de Paris à partir de 1851), rachète celles de Rozières à Lunery et les confient à Jules Roussel (essor de la poterie de fonte). 

     

    . L'imprimerie s'implante à Saint-Amand Montrond en 1834. 

     

    . le 3 février 1840, les troupes d'Abd el Kader (14.000) assiègent, dans le village de Mazagran, près d'Oran en Algérie, un régiment berrichon de 123 chasseurs placés sous les ordres du capitaine Lelièvre. Les français sont délivrés trois jours plus tard par une colonne de secours en n'ayant perdu que 3 hommes. Ils ont survécu grâce à de larges rasades d'eau de vie servie dans du café. De retour en Berry, ils boivent ce café arrosé, appelé mazagran, dans les récipients en porcelaine épaisse, en forme de verre à pied, fabriqués dans l'usine de Bourges et très répandus dans toute la région (on les appelait aussi topettes). Le contenu donne son nom au contenant qui devient le mazagran.

     

     

     

     

     

     

     

    . La ligne de chemin de fer Paris-Orléans est décidée en 1838 et inaugurée en 1843. 

     

    . Le 11 juin 1842, le Ministre des Travaux Publics décrète la construction des chemins de fer en France.

     

     

     

    "Il sera établi un système de chemins de fer se dirigeant : 1e de Paris

     

     

     

    Sur la frontière de Belgique, par Lille et Valenciennes ; Sur l'Angleterre, par un ou plusieurs points du littoral de la Manche, qui seront ultérieurement déterminés ; Sur la frontière d'Allemagne, par Nancy et Strasbourg ; Sur la Méditerranée, par Lyon, Marseille et Cette ; Sur la frontière d'Espagne, par Tours, Poitiers, Angoulême, Bordeaux et Bayonne ; Sur l'Océan, par Tours et Nantes ; sur le centre de la France, par Bourges.

     

     

     

    2e de Bordeaux à Cette, par Toulouse ;

     

     

     

    De la Méditerranée an Rhin, par Lyon, Dijon et Mulhouse."

     

     

     

    La ligne Paris-Orléans est inaugurée le 2 mai 1843 puis sera prolongée jusqu'à Vierzon, puis vers Nevers par Bourges. 

     

    La ligne Orléans-Vierzon (Ferté-Saint Aubin-Vierzon, 201 km) est inaugurée le 20 juillet 1847, après de grandes difficultés dans l'édification du viaduc sur la Loire (votes de subventions, inondations d'automne 1846, marais instables de Sologne). 

     

    Les "chieuvres" (locomotives à vapeur) arpentèrent le Berry durant de nombreuses années, avnt le Diesel et l'électrification des lignes (voir à ce sujet le remarquable texte de Maurice Maillet sur les "chieuvres" du Berry)

     

     

     

    . En 1846, Hervé Faye, astronome originaire de Saint-Benoît-du-Sault (Indre), découvre une comète périodique qui, depuis, porte son nom. Il est lauréat du prix Lalande attribué par l'Académie des Sciences. Il publie en 1846 un mémoire sur la Grande Ourse. 

     

    . Après l'installation du polygone de tir en 1853, Napoléon III crée les Etablissements Militaires en 1861 à Bourges (l'Ecole Centrale de Pyrotechnique, la Fonderie de Canons et le Dépôt de Matériel de l'Artillerie). Ils emploieront jusqu'à 23.000 personnes en 1917. 

     

    . Le réseau ferroviaire est densifié de 1885 à 1893 et complété par des services de tramways. 

     

    . Le collège des Capucins est contruit à Châteauroux en 1880 sur l'emplacement de l'ancien couvent et de la chapelle des Capucins (XVIIe siècle).

     

     

     

    Les protestants y avaient abjuré leur foi en 1628 et les Etats Généraux y furet préparés en 1789.

     

     

     

    La ligne de chemin de fer à voie métrique "Blanc-Argent" (Le Blanc - Argent sur Sauldre) est inaugurée en 1902 et gérée par la Compagnie du Blanc-Argent. 

     

    . Un base aérienne s'installe à Avord, au sud-ouest de la ville, en 1912. 

     

    . Des usines d'aviation sont installées à Bourges et Châteauroux et incorporées aux Société Nationale de Construction Aéronautiques du Centre et du Sud-Ouest, occupant de nombreux salariés. 

     

    . En 1921, Raphaël Adam tourne "La petite Fadette" à Nohant.

     

     

     

    Suivront "La mare au Diable" par Pierre Caron en 1924 et "Mauprat" par Jean Epstein en 1926. 

     

    Le premier film tourné à Bourges est "La porteuse de pain", réalisé par René Sti en 1934. 

     

    "Jour de fête" de Jacques Tati sera réalisé en 1947 à Sainte-Sévère, Pouligny-Notre-Dame et Nohant, "Le Grand Meaulnes" de Jean-Gabriel Albicocco en 1967, "le franciscain de Bourges" par Claude Autant-Lara en 1968.

     

     

     

    Le barrage d'Eguzon est inauguré le 5 juin 1926.

     

     

     

    Au début du siècle, l'ère de la bougie et de la lampe à pétrole touche à sa fin. L'Indre rejoint le camp des régions modernes en s'équipant de l'électricité grâce à la construction d'un barrage. Des premiers projets à la réalisation de l'ouvrage d'art, il n'aura pas fallu moins de dix-huit ans. 

     

    Situé au sud de l'Indre, le lac d'Eguzon-Chambon est le plus important de la région Centre avec une superficie de trois cents hectares, cinquante-cinq mètres de ptofondeur et dix-sept kilomètres praticables en eaux calmes. Le cinq juin 1926, entre Cuzion et Eguzon, sur la Creuse, on inaugure l'aboutissement d'un des plus grands chantiers du début de ce siècle. De 1908 à 1911, le maître d'oeuvre, Léon Chagnaud, se contente de présenter des projets de plus en plus importants. En 1914, l'imminence de la guerre confirme la nécessité d'une centrale hydro-électrique dans la région. L'usine d'armement de Bourges a besoin d'énergie. 

     

    Un projet à géométrie variable

     

     

     

    L'entrepreneur des travaux publics, Léon Chagnaud, n'est pas un inconnu. Originaire de la Creuse, cette terre qui a donné des générations de maçons, il a participé à la réalisation de grands projets comme la percée de tunnels pour le métropolitain parisien. L'ingénieur rêve d'une réalisation gigantesque. Le projet du barrage de Bonu est bientôt abandonné. Il faut faire plus grand, -plus puissant. La décision est prise de le construire à 1200 mètres en amont du pont des Piles. L'ouvrage aura trente-cinq mètres de hauteur et la retenue d'eau remontera à quatre kilomètres plus loin que le projet de Bonu. L'usine doit avoir cent mètres de long. Le projet initial n'est maintenu que dans le but d'alimenter le chantier en électriLité. La Creuse est dérivée par un canal sur la rive gauche. Elle arrive à l'usine provisoire à cinq ou six mètres au-dessus de son lit. C'est en 1917 que les premiers coups de pioches sont donnés. On s'attaque aux fondations du barrage.

     

     

     

    L'Europe au service du progrès

     

     

     

    La plupart des Français en âge de travailler est au iront alors ce sont des prisonniers Allemands que l'on a réquisitionnés pour sa construction. Des Russes, des Grecs, des Luxembourgeois, des Arméniens, des Belges et des Turcs sont amenés du camp d'Ajain dans la Creuse pour renforcer l'effectif. Un accord passé avec l'Espagne autorise les ouvriers de ce pays à venir travailler en France pendant un an. Malheureusement ce ne sont pas les meilleurs qui s'expatrient. Certains, révolutiunnaires selon le rapport de gendarmerie d'Eguzon, empêchent les cent trois autres de travailler. Ils sont expulsés et reconduits à la frontière de leur pays. Un nouveau projet voit le jour. Le barrage doit avoir prés de 40 mètres de hauteur ce qui porte son niveau à 185 mètres au-dessus de la mer et submergera le pont de Chambon, cinq kilomètres en amont du barrage. Les ponts et chaussées de l'Indre commencent à s'inquiéter et préfèrent attendre un dossier complet. 

     

    Si les travaux peuvent commencer avant les autorisations, c'est que le chantier travaille pour le ministère des armées qui le couvre. De toute façon, les demandes sont en cours. Un nouveau projet est déposé. Il prévoit une hauteur de près de soixante mètres. Le niveau de l'eau atteindra alors la cote 200 au-dessus de la mer. Ce projet ne fait pas l'unanimité, loin s'en faut. La partie avant-gardiste des élus s'enthousiasme tandis que les conservateurs ne voient que la destruction d'une grande part de la Vallée Noire si chère à George Sand. Jusqu'en 1921, les travaux tournent au ralenti mais la Vallée de la Creuse a complètement changé d'aspect. De luxuriant, le paysage est devenu lunaire. La Creuse sauvage, la Creuse des moulins et des personnages champêtres, immuable depuis le Moyen-Age disparaît peu à peu. 

     

    Dans l'esprit de Léon Chagnaud, l'avenir du barrage ne se situe pas que dans l'Indre, il est partout où l'électricité est nécessaire. C'est pourquoi, en octobre 1921, il dépose un septième et dernier projet. Pour accroître le potentiel hydraulique, il faut le hausser à plus de soixante et un mètres, ce qui multipliera le volume accumulé derrière le barrage par deux et demi. Enfin, en 1923, l'usine et le barrage définitif s'élèvent rapidement. Malheureusement, le trois mars, une crue comparable à celle de 1845 freine les travaux mais l'ouvrage reprend dès le mois de juin. A partir de mai 1924, pour activer la construction, on travaille aussi la nuit. Le système des trois huit est adopté. Plus de 1000 ouvriers s'activent sur le ihantier. En décembre, le barrage mesure trente mètres de hauteur, en mars 1925, il atteint quarante mètres. Enfin en lévrier 1926. la salle des machines est prête et le barrage atteint sa cote maximale de 203, 70 mètres au-dessus du niveau de la mer. 

     

    Il est temps maintenant de retenir une partie de l'eau afin de le tester. 

     

    Le grand jour est enfin arrivé et ce cinq juin 1926 restera longtemps dans la mémoire des berrichons. Un train spécial fait le trajet d'Orsay à Eguzon. Il transporte à sun bord, des députés, des sénateurs et quarante journalistes de la presse nationale. La gare est ornée de fleurs pour faire honneur aux invités. Des voitures attendent pour les conduire devant le monument aux morts d'Ernest Nivet où les attendent le maire et son conseil municipal. Puis le cortège se dirige vers le plus puissant barrage d'Europe. On fait de nombreux discuurs vantant les mérites de Ia science, les vertus du libéralisme et les bienfaits du progrès. Puis les 160 invités se dirigent vers le restaurant où un excellent repas les attend. En fin d'après-midi, il est temps de rejoindre Paris. Le 17 juin, c'est Eguznn qui, par l'intermédiaire de l'usine de Gennevilliers, alimente Paris un énergie électrique. jamais une ville n'avait reçu son électricité d'aussi loin. (Pascal Mounier)

     

     

     

    . Une troupe de Pipers écossais entre à Aubigny-sur-Nère pavoisée le 15 août 1931. 

     

    . En 1942, la ligne de démarcation traverse le département du Cher. 

     

    . Le maquis libère Bourges le 6 septembre 1944 et Châteauroux le 11 septembre 1944.

     

     

     

     

     

     

     

    . Le 12 octobre 1963 est ouverte la première Maison de la Culture à Bourges, inaugurée par André Malraux et le Général de Gaulle. 

     

    . Le 6 avril 1977 s'ouvre le premier Printemps musical de Bourges, tremplin de la "nouvelle chanson française" puis bastion de la "world music".


    votre commentaire
  • L'habit traditionnel.

    Un vieil adage nous dit que l'habit ne fait pas le moine. Pourtant, jusqu'à la fin des années cinquante, le costume permettait d'indiquer avec précision la profession, le milieu social et même la religion ou l'état de ses propriétaires. 

    C'est ainsi que le prêtre était reconnaissable à sa soutane, que le militaire paradait dans un uniforme chamarré et que le notable portait un costume sombre une chemise blanche et un col dur. On remarquait l'ouvrier d'usine à sa cotte bleue tandis que le paysan préférait se vêtir d'une biaude. 

    Aujourd'hui, les différences se sont atténuées et les accessoires deviennent plus révélateurs de la situation économique ou sociale que les vêtements eux-mêmes. On affirme certaines opinions à l'aide de pins, la mallette dénonce le cadre ou l'homme d'affaires, etc. 

    Le mode vestimentaire indique en premier lieu un espace géographique bien délimité. En effet, chaque costume traditionnel varie d'une région à l'autre. Souvent, c'est même d'un village à l'autre que l'habit change. Pour un oeil averti, un détail peut révéler la provenance de celui ou celle qui le porte à quelques kilomètres près. La couleur et la forme de la robe, du tablier ou du châle sont significatives. La façon dont la femme porte sa coiffe montre non seulement son pays d'origine, mais aussi sa situation sociale. Le costume renseigne sur l'appartenance à un groupe établi. Par le caractère de son vêtement, la femme informe sur les différentes périodes et événements de sa vie. Ainsi, la jeune fille à marier, la femme établie ou la veuve font-elles connaître et affirment-elles leur condition. 

    D'après le Mémoire statistique du département de l'Indre paru en 1804, le préfet Dalphonse fait une description précise de l'habit berrichon : 

    "Le vêtement est dans les campagnes partout à peu près le même : une culotte et un gilet de gros drap, communément de couleur chêne vert, un gilet de toile et un surtout de toile grise dont la trame est de la laine noire, un large chapeau rabattu, des guêtres de toile, rarement des bas, de gros souliers ferrés ; voilà le vêtement des hommes. Les habitants du Boischaut portent plus ordinairement des bas ou des guêtres de drap, et plus rarement des souliers. Leur vêtement le plus commun est le droguet. L'habillement des femmes est en gros drap pour l'hiver, et en toile de ménage pour l'été. Elles ont communément de longs cheveux. Elles divisent ceux de derrière en deux parties. Elles forment un rouleau de chaque partie, et le recouvrent d'un galon blanc en fil. Ces deux rouleaux sont tournés autour de la tête. Les cheveux du devant de la tête les recouvrent. 

    Une bande, également de fil blanc arrête le tout. Une calotte piquée ou une cayenne piquée, qui est une espèce de calotte, mais plus grande et plus élevée, avec une passe s'applique sur les cheveux. Une coiffe en toile de coton, ordinairement garnie de mousseline, posée à plat et sans plissure, complète leur coiffure. Leur chaussure est, dans le Boischaut, des sabots, et dans la campagne, des souliers à double couture. Pendant l'hiver et dans les jours de pluie, elles s'affublent d'une longue et ample capote de drap qui leur tombe jusqu'à moitié de la jambe et qui leur enveloppe toute la tête". 

    On constate surtout des différences dans le port du costume de fête. Exhibé comme un emblème de la réussite, il est avant tout au service de l'apparence. Il contribue à créer une véritable mise en scène de l'individu qui paraît et qui s'affirme au sein de la communauté villageoise ou paysanne. Il n'est porté qu'à l'occasion d'événements particuliers, comme les baptêmes, les mariages ou d'autres réunions de famille. Naturellement, on l'arbore aussi le dimanche à la messe ou lors de pèlerinages. Les foires, les fêtes locales sont autant d'occasions de se montrer avec ses beaux habits. 

    "Le pantalon de drap noir et une veste de même étoffe remplacent la blouse. La chemise est ornée d'un col et de poignets bien blancs. La coiffure ordinaire est remplacée par un chapeau dont la calotte est ceinturée d'un large ruban et ornée de petits chevrons de velours dits "barbotiaux". Les jeunes filles sont charmantes avec leur bonnet de fine lingerie au fond brodé, découvrant largement le front et laissant dépasser leurs bandeaux à la vierge. Un fichu de soie de couleur tendre découvrant largement la gorge s'ajuste sur le corsage, et la jupe de drap est protégée par un tablier de soie bordé de petite dentelle. Des bas blancs et des mitaines, des souliers plats à boucles complètent cet ajustement. (...) Une croix, dite jeannette, suspendue du cou par un ruban de velours noir, fait ressortir la blancheur ou la matité de la peau. 

    Aux lobes des oreilles, elles portent des boucles à pampilles ou des anneaux d'or". 

    Mais l'habit le plus riche et le plus prestigieux est sans aucun doute le costume de noces, particulièrement celui de l'épouse. George Sand décrit dans "Les noces de campagne", le vêtement que porte la petite Marie pour son mariage : 

    "Sa cornette de mousseline claire et brodée partout avait des barbes garnies de dentelle. Dans ce temps-là, les paysannes ne se permettaient pas de montrer un seul cheveu (...). Son fichu blanc, chastement croisé sur son sein, ne laissait voir que les contours délicats d'un cou arrondi comme celui d'une tourterelle. Son déshabillé de drap fin vert myrte dessinait sa petite taille (...). Elle portait un tablier de soie violet pensée, avec la bavette". 

    Seuls la coiffe et le châle brodé étaient blancs. A l'instar de nombreuses régions, les robes de mariées étaient colorées de teintes pastel comme le rose ou le bleu. Parfois, elles étaient de fond couleur beige à motifs floraux. Ce n'est qu'à la fin du XIXe siècle que la diversité des couleurs a cédé la place à l'uniformité du blanc. Est-ce un bien ou un mal, chacun est libre de son opinion. 

    "Ah ! ces temps d'ordre, de politesse et d'harmonie où le gars posait une main sur son coeur, tandis que de l'autre il retirait son chapeau .d'un geste élégant pour demander à la drolière de son choix la faveur de danser avec elle. 

    Quel plaisir pour les yeux de voir les couples s'avancer, reculer, se rapprocher encore, se rompre en des chassés-croisés et se poursuivre en tournant les uns autour des autres avec des virements et des carrements d'épaules où le naturel donne de la grâce aux attitudes. 

    Puis ils marquent un peu lourdement la cadence en frappant du talon. 

    Les gars sourient aux filles et les filles baissent timidement leurs regards. 

    La musette chante drôlement, les lèvres se tendent et le baiser claque, sonore sur les joues roses." 

    Hugues Lapaire

    - Allez aux assemblées danser la bourrée mussée et la contredanse avec les "Gâs du Berry", les "Thiaulins de Lignières", les "Tréteaux du Pont" à Pont Chrétien, les "Pastouriaux du Berry", la "Sabotée Sancerroise", les "Forestins", les "Sonneurs Nérondais" et autres joyeux, au son des cornemuse et des vielles. 

    - Invitez les pastourelles si jolies avec leur robe à corps (ah les jolis corsages) et leur lourde capiche, la coiffe en dentelle à floque encadrant leurs biens jolis minois, allez donc biger la drollière (oh ! la jolie et fière berrichonne, maîtresse de la maison, âme du foyer...). 

    - Virez avec les valseux à chemise de lin et pantalon de gros drap. 

    - Allez rendre visite à Annick et son site sur la musique traditionnelle, aux Thiaulins de Lignières au château de Plaix et aux Forestins, ils parlent si bien du Berry, de ses danses, de ses musiques, 

    - Enfin, riez aux "bonnes histouères" de Jean-Louis Boncoeur à Rezay... 

     

     

     

    La race berrichonne

     

    Une "race berrichonne" ! cela existe ? non ! bien entendu ! cependant l'influence exercée par le climat ou la nature du terrain a eu pour effet de donner quelques caractéristiques particulières à nos lointains ancêtres... 

    Le Berrichon des plaines : le Champignou, est trapu, lent et taciturne... 

    Beaucoup plus vifs et plus ardents sont les habitants des pays vignobles. 

    Il en est de même des Berrichons des collines boisées de l'Est et du Sud ! descendant des Boïens farouches issus de ces hommes indomptables ; muletiers, bûcherons ou sabotiers dont la forêt était naguère encore le royaume, il a le verbe haut, la gaieté vive et l'enthousiasme ardent. 

    Quant au Solognot et au Brennou, ils sont petits, maigres et basanés. 

    "Il est possible pourtant, de fixer quelques traits généraux communs à tous les Berrichons : une phrase suffit d'ailleurs à définir leur caractère : ils ont le sens pratique ! ils laissent à d'autres les rêveries et les projets aventureux. Leur intelligence est faite surtout d'esprit critique ; le jugement y réfrène les écarts de l'imagination, de là cette prudence, cette réserve méfiante, cette aversion instinctive pour les innovations qui va parfois jusqu'à la routine" nous dit Abel Tortrat instituteur à Bourges dans son ouvrage sur le Berry du début du XXe siècle. 

    Georges Hardy ajoute à son tour : "Ils s'attardent volontiers, ils prennent le temps de regarder autour d'eux, de causer. Ils ne sont pas dévorés par la vie, ils la dominent et savourent avec des sourires les vins délicats de leurs coteaux. Ils arrêtent doucement les jours dans leur fuite et narguent les affolés". 

    Nous envions donc ces braves gens qui savaient si bien vivre. 

    "A quoi bon" ajoute Abel Tortrat, "se forger des chimères ou se laisser emporter par l'ambition ? La vie n'est-elle pas bonne comme elle est ? Qu'on se fatigue le cerveau à échafauder des systèmes ou à rêvasser dans la lune c'est l'affaire des Barbotiaux (esprits brouillons) ou des Afaubertis (ahuris)." 

    Peut-être y a-t-il quelques pointes de vérité dans ces affirmations. Quoi qu'il en soit, la mentalité douce des Berrichons se rehausse volontiers d'une pointe de fine ironie à l'égard des "agités modernes" et leurs moqueries s'exercent particulièrement aux dépens de ceux qui parlent fort, croyant ainsi, les impressionner ! 

    A cela d'ailleurs se borne la malignité des Berrichons et leur ton de voix monotone, ferme la porte à toutes discussions oiseuses ! 

    Chacun se plaît, en outre, à reconnaître leur droiture, leur sincérité et leur honnêteté. 

    On leur reproche peut-être d'être un peu avares ou têtus comme leurs moutons, mais est-ce que ce sont bien là des défauts ? 

    Loyaux, calmes, doux, modérés, ce sont des gens de bonne compagnie. 

    On ajoute cependant, pour ne pas trop les flatter, qu'il ne faut pas gratter trop longtemps la rude écorce des Berrichons d'aujourd'hui pour retrouver en eux l'âme naïve et crédule de leurs ancêtres : Je pense que ce ne sont que des méchantes langues qui disent cela !... 

    Si tous les Français actuels se comportaient comme nos Berrichons, nous aurions la chance de vivre dans un pays où les "Barbotiaux" et les "Afaubertis" seraient exclus ! 

     

    En s'habillant à la mode de "cheu nous"

     

     

     

     

    Costumes traditionnels masculins :

    - pantalon large et long, d'une seule couleur, 

    - blouse longue (aux genoux) ou biaude en coton rayé ou prunelle bleue (en toile blanche à l'origine), souvent ornée de broderies de coton blanc, 

    - manteau (limousine avec pèlerine et capuchon) en laine commune pour les bergers et les routiers, 

    - souliers ferrés ou sabots de bois, guêtres boutonnées en toile rayée. 

    - chapeau rond de feutre épais de couleur noire, creusé au fond, relevé aux bords (chalumeau). 

    - chapeau à chevrons (chapeau clabaud) entouré de petites ganses de velours noir (multicolores autrefois). 

     

    Les jours de fête:

    - courte veste à la française, à godets, gilet à fleurs, culotte à pont et guêtres de toile bise. 

    - en Brennois, grand feutre relevé sur un côté, veste de velours et pantalon rentré dans les bottes. 

    - à Issoudun, les vignerons portaient le tricorne, une veste courte et un gilet court de drap vert, une culotte courte fermée aux genoux par une boucle.

     

     

    Costumes traditionnels féminins :

    - caraco (corsage ajusté, décolleté au ras du cou) en foulard à basques très ajustées, encolure et bas des manches garnies d'un ruban noir et d'un dépassant de dentelle, 

    - fichu de couleurs vives (pointe) posé en triangle, très croisé sur la poitrine, les bouts extrêmes rentrant dans la jupe ou dans le bavolet du tablier, avec de petites franges, 

    - jupe ample et longue (aux chevilles), de couleur unie assez vive, de laine ou de drap (tissu mat), froncée autour de la taille (majeure partie des fronces derrière), 

    - tablier en foulard ou en soie, plus court que la jupe retenu par des rubans (devantier), 

    - ample manteau (capiche), plus long que la jupe, sans manche, avec capuche, en drap noir ou brun foncé, retenu par un fermoir en acier ou une broche simple, 

    - sabots à brides, parfois décorés. 

     

    - coiffe "à grimaces" composée d'un cayon en grosse étoffe de piqué sur lequel est appliqué un satin transparent sous une gaze fine, fond brodé, noeud de rubans à bouts flottants. 

    - coiffe carrée à La Châtre, en dentelle sur linon, bonnet rond à Argenton, 

    - petit bonnet plat à Valencey (minute) dont les brides sont croisées en arrière. 

    - coiffe plate à Saint Gaultier. 

     

    en semaine:

    - caraco sans col, tablier long à poches bleu ou à carreaux, jupon de laine.

     


    votre commentaire
  •  

    Recettes du Berry

     

    Le vieux Berry a éclaté en deux départements: le Cher et l'Indre. Entre Bassin parisien et Massif central, le Berry a conservé une grande partie de son folklore et les cultures traditionnelles restent encore ancrés dans les mentalités. En Indre, le vin de Reuilly et le chèvre frais de Valencay portent haut les couleurs de leur appartenance. Un bon verre de Reuilly, c'est ce qu'il faut pour arroser le gigot de sept heures. Du point de vue touristique, il faut se promener le long de la route Jacques Cœur (il fut le grand Argentier de Charles VII, riche commerçant du moyen âge ), route célèbre pour ses nombreux châteaux. On peut également emprunter la route de la Porcelaine où de nombreuses entreprises proposent leur production de grés du Berry, porcelaine …. Le Berry, celui du Cher, est connu comme le pays des " sorciers ", nombreux sont les gens qui consultent encore rebouteux, barreurs et magnétiseurs. C'est le pays qui a vu naître George Sand; en écrivant une idylle paysanne à la Mare au Diable, elle savait de quoi elle parlait. Balzac a séjourné à Issoudun pour écrire de nombreux passages de la Rabouilleuse. De jeunes artisans ont su redonner une vitalité et une qualité à des produits de base (vins et fromages…) qui quelques années auparavant demandaient beaucoup de courage pour être consommés. Paysages vallonnés aux parcelles entrecoupées de haies, de bois et de boqueteaux, d'où émergent de petites habitations aux toitures rougeâtres, au pays de l'Âne Grand Noir du Berry, tout est terroir, tables gourmandes, plats généreux. C'est une cuisine du coeur.

     

    LES PRODUITS PHARES :

     

    A l'est avec la BRENNE et ses nombreux étangs, on trouve les poissons d'eau douce comme la carpe, le brochet, le sandre et les " guernouilles ". Autrefois les écrevisses peuplaient les rivières de alentours, aujourd'hui elles ont pratiquement disparu.

    Au Nord, avec la SOLOGNE dans un univers de demi-teintes où flotte encore l'image brouillée du Grand Meaulnes d'Alain Fournier, colverts, lièvres, chevreuils, faisans côtoient les nombreux champignons Cèpes, Coulemelles, Pieds de mouton…) pour mettre le meilleur de nos forêts sur la table automnale

    Au centre et au sud, pays austère au sol calcaire, on y produit des céréales mais la gloire de la région, ce sont les élevages de " chieuvres ", le mot local pour chèvres, qui donnent naissance à de merveilleux fromages dont quatre détiennent une AOC

    Selles sur Cher  - Crottin de Chavignol - Pouligny Saint Pierre - Valencay il ne faut pas oublier aussi le Sancerre saupoudrées de cendres de sarments qu'on mélange avec du gros sel

    Entre ceps et caves, loin des grandes voies de circulation, empruntez la route des vignobles dont les vins font chanter nos plats, des vins dont les qualités incontestables ne cessent de s'améliorer. De jeunes viticulteurs pas forcément du cru ont redonné vie aux vignobles du Centre et ont permis à des vins comme >le Sancerre - le Quincy - le Reuilly - le Menetou Salon - le Chateaumillant de se vendre dans le monde entier.

     

    La lentille verte du Berry

     

    à l'ombre de la Vierge Noire du Puy, bénéficie maintenant d'une IGP (label européen certifiant l'Indication Géographique Protégée) et a donné un nouveau statut à cette légumineuse trop longtemps délaissée.

    Dans le canton de Dun sur Auron, la noix pousse sur la route de Jacques Coeur. Le Calon (noix en berrichon) est partout : huile (fabrication artisanale depuis 1860), pâtisseries, terrine, liqueur, apéritif (Charles VII : vin rouge et liqueur de noix)… Elle a même inspiré la Confrérie du Calon, qui, le dernier week-end de novembre, célèbre la Journée de la Noix ;, afin d'initier de nouveaux adeptes, nostalgiques des soirées d'hiver d'antan où les gens des villages se réunissaient pour délier les calons et boire le vin chaud.

     

     

     

    Quelques recettes

     

    Les oeufs berrichons

     

    Faites durcir les oeufs. Coupez-les en deux, retirez les jaunes et hachez-les avec 2 ou 3 branches de persil, 1 petit oignon, 1 gousse d'ail, salez, poivrez et mélangez le hachis avec 3 cuillerées à soupe de crème fraîche. 

    Remplissez les blancs avec cette préparation. 

    Disposez-les dans un plat allant au four légèrement huilé et faites cuire à feu très doux, le temps de dorer le dessus

    La tourte au crottin de Chavignol

     

    Pâte brisée : 300 g de farine, 1 pincée de sel, 150 g de beurre, 1 oeuf, 1 cuiller à soupe d'huile, 1/2 verre d'eau mélanger tous les ingrédients en pétrissant du bout des doigts. 

    Laisser reposer une heure. 

    Etendre au rouleau et foncer un moule de 25 cm de diamètre, couper la pâte autour du moule en la laissant un peu déborder. 

    garniture : 2 oeufs entiers, 3 crottins de Chavignol secs à point, 200 g de crème fraîche, sel, poivre du moulin. Battre les 2 oeufs, la crème fraîche et les 3 crottins préalablement râpés dans une batte. Saler légèrement et poivrer. Mettre cet appareil dans le moule et recouvrir avec le restant de pâte. Border tout autour du moule et dorer au jaune d'oeuf. Cuire une heure à four moyen. Déguster à la sortie du four.

     

     

     Le Gâteau Berrichon

     

    Dans un saladier mélanger 100 grammes de poudre d'amandes, 100 grammes de poudre de noisettes, 200 grammes de sucre semoule. 

    Faire une fontaine et disposer au centre 50 grammes de beurre légèrement fondu, 3 oeufs entiers et 3 jaunes (réserver les blancs). Travailler bien la préparation à la spatule. 

    Battre les 3 blancs en neige très ferme et les incorporer délicatement en deux fois ainsi que 200 grammes de farine à la préparation précédente. Faire cuire à four chaud 1 heure (vérifier la cuisson avec une lame de couteau). Démouler sur une grille et laisser refroidir. 

    Couper le gâteau en deux ou trois épaisseurs et tartiner chaque tranche avec de la confiture d'abricot. Reconstituer le gâteau et saupoudrer de sucre glace. 

     

    La tarte Tatin

     

    pour la pâte brisée  : 150 g de farine, 75 g de beurre, 1/2 cuillère à café de sel, 1/2 verre d'eau, 1 cuillère à soupe de sucre 

    4 ou 5 belles pommes reinette, 75 g de beurre, 125 g de sucre. Éplucher les pommes, les couper en quartiers, puis en tranches régulières. 

    Beurrer très largement le fond d'un "moule à manqué" de 22 cm de diamètre. 

    Préchauffer le four (thermostat 7). 

    Eplucher et couper les pommes en 2. Enlever le coeur et les pépins. 

    Saupoudrer avec le sucre (2 cuillères à soupe) et disposer une première couche régulière de pommes, serrées les unes contre les autres, puis disposer le reste. 

    Saupoudrer à nouveau de sucre (1 cuillère à soupe). 

    Faire caraméliser en posant le moule à manqué sur feu fort, faire blondir le sucre et monter le caramel sur les bords. 

    Etaler la pâte en une rondelle de 2 mm d'épaisseur, et en recouvrir les pommes en la faisant rentrer entre les fruits et le moule. 

    Mettre au four 20 minutes (260 °C). 

    Saupoudrer les pommes avec le reste de sucre et beurrer. 

    Porter à four très chaud pendant une dizaine de minutes pour caraméliser les pommes et démouler immédiatement sur une plaque. servir tiède. Quand la tarte est cuite, pour que le caramel ne colle pas, démouler en plongeant le bas du moule 1 minute dans de l'eau froide. 

    Cette recette fit la réputation des soeurs Tatin qui tenaient au début du siècle un hôtel-restaurant à Lamotte-Beuvron.  Néanmoins, la tarte renversée est une spécialité solognote

     

    Les croquets aux amandes

     

    A consommer bien durs, comme à Charost, Baugy ou Sancerre.

    150 g de farine, 60 g de beurre, 80 g de sucre, 75 g d'amandes entières non épluchées, 1 oeuf entier, 1 pincée de sel, 1 zeste de citron et 1/2 cuillère à café de levure en poudre. 

    Pétrir le tout ensemble à pleines mains, sans autre liquide que l'oeuf pour obtenir une pâte ferme. 

    La hacher alors grossièrement avec un grand couteau pour que les amandes se trouvent un peu coupées, puis ramasser la pâte et la rouler à deux mains sur la planche légèrement farinée pour lui donner la forme d'un gros boudin ; placer ce boudin de pâte sur le milieu d'une tôle beurrée et l'aplatir un peu en forme de dos-d'âne, c'est-à-dire plus épaisse au milieu qu'aux deux bords. 

    Dorer le dessus à l'oeuf, le rayer avec la fourchette pour le quadriller, et cuire à four moyen. 

    Quand le gâteau est cuit et refroidi, le couper en travers en morceaux de la grosseur du doigt.

     

     

    Les beugnons (beignets)

     

    La veille, préparer la pâte avec de la levure de boulanger délayée dans un peu de lait, 300 g de farine, du sucre, du sel, 3 oeufs battus et une cuillerée d'huile de noix. Après 24 heures, reprendre la pâte qui a levé, bien la travailler à la main et la diviser en petits morceaux égaux. 

    Former des couronnes et faire cuire à grande friture (huile d'arachide ou, mieux, à l'huile de noix). 

    Une fois égouttés, les beugnons doivent être saupoudrés de sucre glace.

     

     

     "VIAU"Au Sancerre Rouge

     

              (Pour 6 pers)  - 1 kg de jarret de veau coupé en gros cubes - 300 g de lardon - 4 oignons

              - 3 cuillers à soupe d'huile - 75 g de beurre - 1 bouquet garni (persil, thym, laurier)

              - 2 gousses d'ail - 1 cuiller à soupe de farine - 1 petit verre de cognac- gros sel, poivre

              - 1 bouteille et demi de Sancerre rouge

     

               Préparation : 

               Faire blondir les oignons hachés dans une cocotte, moitié beurre et moitié huile. Pendant ce temps, faire blanchir les lardons dans l'eau bouillante.

               Retirer les oignons de la cocotte et mettre à la place les morceaux de viande avec le reste de l'huile et du beurre. Les faire colorer sur toutes les faces en remuant à la cuiller de bois. 

               Rajouter les oignons, les gousses d'ail, les lardons et saupoudrer le tout de la cuiller de farine, en tournant pour bien faire absorber la farine, ajouter le verre de cognac et flamber. 

              Verser le vin rouge préalablement chauffé, ajouter le bouquet garni, le sel et le poivre.

              Couvrir la cocotte et laisser mijoter à feu très doux pendant 1 h et demie. 

              Servir avec des pommes de terre cuites à la vapeur, en saupoudrant de persil haché


    votre commentaire
  • Rappel sur la porcelaine en Berry

     

    La porcelaine, c'est l'alchimie de la terre et du feu, elle a été introduite en Berry par Monsieur Klein en 1799, et depuis ce temps lointain, cet art et cette industrie n'ont cessé de se développer, face à une concurrence étrangère redoutable et une rivalité avec Limoges fort préjudiciable.

    Aujourd'hui, le Berry est le premier producteur français de porcelaine, avec une production de 8500 tonnes sur un total national de 13 000 tonnes. Le point fort des fabrications, c'est la diversité des produits, et un marché du quotidien et du culinaire.

     

    Toujours sur le plan économique, on peut considérer que 40% de la porcelaine du Berry est exportée. Les nouveaux marchés sont lointains, c'est l'Australie, l'Amérique du Sud ou l'Asie du Sud-Est, c'est dans ces pays que se joue la pérennité de la porcelaine française. 

    On trouve les pièces sur les plus grandes tables du monde, celle de Bocuse à Collonges ou de Bernard Loiseau à Saulieu, sans oublier la Brasserie Lipp ou Le Méridien de Tokyo et plus proche de nous le Saint-Ambroix à Bourges.

     

    Retour à l'histoire

     

    La porcelaine du Berry s'est retrouvée, au fil des siècles dans toutes les Cours Royales et autres palais présidentiels, et pourtant, " Notre " porcelaine est peu ou mal connue.

    Lorsque des plongeurs retrouvent l'épave du Titanic, parmi les premières pièces remontées, les chercheurs découvrent de la porcelaine. Les pièces sont intactes et une fois nettoyées avec soin, on s'aperçoit qu'il s'agit de porcelaine du Berry, fabriqué par Lourioux, en particulier de magnifiques plats ronds à oreille que l'on a pu voir dans les photos et films récents évoquant le naufrage du bateau. 

    Le succès du film servira-t-il à remettre à sa place la porcelaine locale ? c'est à dire la première ? nul ne sait.

     

    C'est pourquoi les responsables du domaine porcelainier du Berry ont décidé en 1994 de créer une association afin de développer le secteur dans son ensemble, c'est à dire, les porcelainiers bien sûr, mais aussi les décorateurs, artisans, distributeurs, magasins et les collectivités locales. Il s'agissait aussi de réagir face à la concurrence étrangère, et de créer une image dynamique de la porcelaine, avec une action de communication moderne.

     

    L'HISTOIRE DE LA PORCELAINE

     

    La porcelaine en France se produit dans 4 départements, Indre, Vienne, Haute-Vienne et dans celui du Cher, dont l'importance est peu connue par nos compatriotes, aussi, en quelques pages, le lecteur de La Bouinotte à travers, un brin de technique et un zeste d'histoire découvrira un milieu industriel et artistique..

     

     

     

    UN MOT DE TECHNIQUE

     

    La porcelaine est un produit blanc, translucide, imperméable et dur, elle est obtenue à partir d'une pâte cuite, jusqu'à sa vitrification partielle. C'est une industrie ou un art très particulier, car la valeur des pièces de porcelaine provient de la pureté de la matière première et de la complexité de sa fabrication, avec de multiples cuissons à de hautes températures. C'est une industrie qui génère beaucoup de rebuts.

     

    On commence avec de la pâte, préparée à partir de kaolin ou d'argile, très blanche, de quartz et de feldspath. Le façonnage se fait en pâte molle, par moulage, tournage ou coulage. Il y a une première cuisson à 950/980 °C, qui s'appelle " dégourdi ". A ce moment, la porcelaine est très fragile et poreuse. Par pulvérisation, ou trempage, on applique une " couverte " d'émail broyé. On procède alors à une seconde cuisson à 1400°C en deux phases : en atmosphère oxydante jusque vers 1000°C, puis en atmosphère réductrice. La décoration peut commencer après le dégourdi, elle se fait à la main, ou par report de décalcomanies que l'on " fixe " à 400°C

     

     

     

    UN MOT D'HISTOIRE

     

    La porcelaine apparaît en Chine avec la dynastie des Tang au X° siècle. Marco Polo est le premier européen à mentionner des objets en porcelaine. On en trouve beaucoup au Proche-Orient et les vénitiens s'en procurent à Byzance Ce sont les navigateurs portugais, grâce à leur comptoirs comme Canton qui les introduisent réellement en Europe.

     

    Le secret de fabrication est bien gardé, et en Europe on cherche..... sans rien trouver.

    En 1694, avec l'appui de Louis XIV, un faïencier, Louis Poterat va trouver la formule de la pâte tendre. L'année suivante la première manufacture s'ouvre à Saint-Cloud.

    Pendant un siècle, la porcelaine va se développer en France à Chantilly, Vincennes, Sceaux, Strasbourg... mais aussi en Saxe. C'est le début de l'âge d'or de la porcelaine avec des développements de manufactures en Italie, en Angleterre, à Berlin, et à Copenhague...

    En 1756, la manufacture de porcelaine de Vincennes est transférée à Sèvres. Devenue propriété du roi, elle obtient le monopole de la fabrication de certains objets pour l'ensemble du royaume.

    On découvre en 1769, à Saint-Yriex du kaolin, d'où la création d'une fabrique de porcelaine dure à Limoges en 1773. La porcelaine se développe à Paris, mais Turgot, intendant du Limousin favorise sa région et délocalise.... Il était courant que des gens de bonne famille se fassent porcelainiers. Le risque était pourtant énorme car les techniques étaient très mal maîtrisées.

     

     

     

    LES PILLIVUYT OU LES DEBUTS DE LA PORCELAINE EN BERRY

     

    Une fois encore, l'origine de la porcelaine en Berry n'est pas le fait d'un Berrichon. Il s'agit de Pillivuyt, un nom flamand mais qui appartenait à une famille suisse. Le premier Pillivuyt à venir s'installer en Berry est Jean Louis Richard né en 1774 à Yverdon.

    Louis suit le métier des armes, est défait par Bonaparte en 1796, part à Paris, et avec son beau-frère, fonde à Paris.... une banque rue Saint Marc. La banque prospère mais Louis se sépare de son associé et s'en va vivre à la campagne. Il achète une propriété " Les barres " entre Gien et Montargis.

    Louis vend sa propriété pour acheter un domaine dans un village situé entre Bourges et Vierzon, appelé Foëcy. Cette propriété, fief des seigneurs de Lanoë avait été acquise par Benjamin Klein à la Révolution. M. Klein avait trouvé dans ses terres, une briqueterie et avait édifié un château qui plaisait beaucoup aux Pillivuyt. Par la suite, il avait transformé la briqueterie en porcelainerie en faisant venir de Limoges, du kaolin avant de vendre son domaine et la porcelainerie à monsieur Pillivuyt.

     

    Louis Pillivuyt se retrouve donc en Berry et les difficultés commencent. Bientôt à court d'argent, il repense à un ami, Dominique André un banquier qui donne son accord et son argent, mais en plus demande que son fils, Louis André entre à la direction de la fabrique. Sous la direction des 2 Louis qui s'entendent fort bien, la fabrique prospère.

     

    A cette époque, Pillivuyt envoyait ses pièces se faire décorer à Paris, et c'est ainsi que l'on a retrouvé des pièces marquées au tampon rouge de la manière suivante : " Manufacture de Foëscy, Fbg St Martin, n°45 à Paris ". En 1845, ces décorateurs parisiens sont délocalisés à Foëcy.

     

    Louis s'occupe donc de sa famille, de sa fabrique et de la ferme et tout fonctionne parfaitement. Louis Pillivuyt se retire en 1830. Son fils Charles prend la direction, mais il n'accepte pas que le gendre de Louis André, par ailleurs majoritaire, Frédéric Monnier, soit son égal et c'est la rupture.

    Cette rupture se fait aussi car la femme de Charles n'a accepté de suivre son mari que si elle était vraiment " chez elle ". Alors Charles, forte personnalité quitte la manufacture, et en construit une autre plus moderne à 5 km de là, sur la commune de Mehun-sur-Yèvre. En 1854, c'est le départ de Charles et de ses meilleurs ouvriers. Frédéric Monnier ne s'en remettra pas.

     

     

    Charles Pillivuyt devient un personnage important et influent de Mehun dont il est élu maire en 1850. En 1854 l'usine de Mehun emploie plus de 1000 personnes.

    Charles Pillivuyt meurt en 1872, c'est son fils Louis (dit Louis2) qui le remplace. La guerre de 14 et la crise des années 1930 frappe l'industrie de la porcelaine à Mehun comme ailleurs.

    Louis 2 meurt, il est remplacé par Charles 2. Ce dernier se ruine en conservant les ateliers ouverts en 1940/45 et il est obligé de vendre en 1946 alors que la fabrique ne comprend que 26 ouvriers. C'est en 1947 le rachat de l'usine par un client de la maison : Alfred Simon. Ce dernier fait revivre la fabrique avec de très lourds investissements personnels comme les deux fours à tunnel géants.

    Aucun des deux fils de Simon ne veut venir en Berry et la porcelainerie est vendu à Langenthal, un porcelainier suisse. Mais ce suisse est repris à son tour par un autre groupe Suisse, la Keramic Holding AG Laufen.

     

    Charles Pillivuyt

     

    Il y a la technique, et parfois le hasard. En 1840, David Haviland importateur à New-York de porcelaine anglaise et française achète de la porcelaine à Foëcy. Il trouve les pièces remarquables et décide de venir voir ses prochaines commandes avec pour arrières pensées, de montrer les méthodes américaines au plan du travail et peut-être d'acheter une fabrique. Il arrive en Berry avec femme et enfants.

    L'hiver 1840 / 41 a du être redoutable en Berry car madame Haviland passe de très mauvais moments, elle écrit à New-York et parle de la rudesse du climat, de l'inconfort de la maison, du manque de personnels stylisés.... bref rien ne va, même si elle reconnaît la gentillesse des Pillivuyt.

     

    David Haviland suit sa femme à Limoges.... elle se plaît dans cette ville, elle y restera 37 ans, et son mari fondera une des plus grandes manufactures de porcelaine. C'est le début de la prospérité de Limoges et de sa porcelaine..... Et si le temps en Berry avait été plus clément ?

     

     

     

    FOECY APRES LES PILLIVUYT

     

    Après le départ de Charles Pillivuyt de Foëcy, Frédéric Monnier est en difficultés, il fait appel à Albert Pillivuyt, un des fils de Charles.... Mais Albert est un gentil garçon, sans beaucoup de génie. En 1855, Monnier se retire et la fabrique prend le nom de " Albert Pillivuyt et Cp ". Albert fait entrer en 1909 son fils Robert. Ce dernier se lance dans l'aventure et y restera....

    La guerre de 14 envoie les ouvriers au front, et on a davantage besoin de canons que de porcelaine, ensuite, en 1921, un four tunnel mal étudié précipite la chute de Robert qui ferme dans les années 1930.

    Mais la tradition de la porcelaine n'a pas disparu à Foëcy.

     

    Revenons quelques années en arrière, même si l'histoire devient plus complexe.

    Lorsque tout va mal dans les années 1850, des ouvriers cherchent à créeer leur propre entreprise. En 1886, une petite fabrique avec Viot et Lebert s'installe dans un quartier de Foëcy. Dans un premier temps, ils commencent bien, mais il faut des fonds qu'ils n'ont pas, ils sont mis en faillite. Mathieu Lourioux leur rachète le terrain et les bâtiments, le matériel va à d'autres porcelainiers Buchon et Legros.

    Mathieu Lourioux a un fils, Louis, et il impose son fils comme associé...... L'année d'après Buchon meurt et il est suivi dans la tombe six mois plus tard par Legros. Ainsi, à 26 ans, Louis Lourioux se retrouve à la tête de la manufacture et développe l'entreprise..

     

    Il embauche Charles Lemanceau, âgé de 20 ans, un sculpteur bestiaire. Il lui commande aussi, à l'âge de 54 ans, une statue pour décorer sa tombe.....Et deux ans après, Louis Lourioux se tue au volant de sa Delahaye décapotable grand sport, au détour du pavé vers Bourges.

    C'est la veuve, Céline Lourioux qui reprend la fabrique avec beaucoup d'énergie, mais à sa mort, en 1949, c'est l'incertitude des héritages.

    La maison sera sauvée par Philippe Deshoulières, un jeune homme de 26 ans, dont la famille exploite depuis un siècle et demi, une manufacture à Chauvigny dans la Vienne.

     

     

     

    A VIERZON, DE TAILLEMITTE A LA CNP

     

    La porcelaine se développe aussi dans Vierzon. En 1875, François Darmet construit un premier four sur le domaine de Verdin, sur la route de Vierzon à Romorantin. Il fabrique de la porcelaine pour les restaurants et l'hôtellerie. Il devient aussi maire de Vierzon-Village et membre du Conseil général du Cher. Il meurt et ses deux filles vendent la fabrique à Lucien Taillemitte, un jeune cadre, diplômé de l'Ecole Supérieure du commerce de Bordeaux.

     

    Lucien Taillemitte traverse la guerre de 14 en poursuivant les productions. Il embauche son fils, Roger, Ingénieur de Centrale de Paris en 1932, et ce dernier restera 50 ans dans la fabrique.

     

    Roger va moderniser les installations et prendra la direction à la mort de son père en 1937. Il continue dans la restauration, mais lance des services comme " chasse " qui eut un très grand succès.

    C'est le moment des regroupements, une étude d'une société d'organisation conclut qu'il faut se regrouper. Le nom est trouvé, c'est la Compagnie Nationale de Porcelaine.

    Elle aura pour partenaire Jacquin. Mais il faut d'autres partenaires, les porcelainiers locaux, très indépendants refusent. Les ingénieurs trouvent alors Les Porcelaines Françaises du Centre à Saint-Genou dans l'Indre.

    La fusion entre Taillemitte, Jacquin, et la PFC se fait en 1960. C'est la guerre d'Algérie et l'indépendance, avec la perte du marché de l'Algérie.

    Il y a une nouvelle fusion en 1969 avec l'arrivée de l'Union Limousine dont l'usine se trouve en Haute-Vienne et qui peut avoir l'estampille " Limoges ". Cela sauve la CNP.

    En 1966, Larchevêque fusionne sa société vierzonnaise avec celle de Lamotte-Beuvron (Porcelaine Nouvelle) pour donner naissance à la Porcelaine de Sologne.

     

     

     

    LES DESHOULIERES DE CHAUVIGNY

     

    C'est à Chauvigny, à 25 Km de Poitiers que l'on trouve la plus grande fabrique de porcelaine de France encore dirigée par la famille du fondateur.

    En 1826, Jean Boyer installe une poterie dans les environs de Chauvigny. Il est un homme d'industrie, il s'occupe de tout ce qui est aujourd'hui " les arts de la table ". Jean Bozier marie sa fille avec Louis Deshoulières (né en 1830). C'est le début d'une longue dynastie qui se poursuit aujourd'hui.

     

    En 1936, il rachète la collection d'Albert Pillivuyt, ainsi que la marque APILCO (Albert Pillivuyt et Compagnie) et sa collection d'articles culinaires. Apilco était parfaitement bien implanté à l'étranger. Avec cet achat, c'est le début de l'exportation et de l'entrée dans la restauration.

     

    Deshoulières rachète aussi une formule de pâte.

     

    La guerre de 40 est difficile pour la fabrique. En 1948, l'usine repart avec la construction de 2 fours tunnels, qui utilisent le gaz de Lacq, ce gaz naturel devient un élément important, c'est le combustible idéal de la porcelaine.

     

    40 ouvriers à Chauvigny en 1905, 120 en 1938, 330 en 1964. En 1970 une nouvelle usine est construite. Louis aura 6 fils dont 4 entreront dans l'entreprise dont Philippe qui vient en 1968, en Berry prendre en main la direction des anciens établissements Lourioux, il redressera l'affaire et donnera son nom aux porcelaines Philippe Deshoulières.

     

    Deshoulières se lance dans des décors chatoyants, mais aussi dans le goût des restaurateurs avec des assiettes toujours plus grandes et de forme de plus en plus originales. Avec des bureaux d'études parisiens, Yves à Chauvigny renouvelle chaque année sa production. Apilco se développe et le vaste marché de la restauration, occupé par l'Allemagne devient un point clé pour Deshoulières.

     

    Les prémices de la route

     

    Comme souvent, un comité est mis en place, l'argent est demandé aux collectivités locales, et.... quelques années plus tard, il y a des dossiers, des pré-études, des études.... mais rien de concret.

    Pour la route de la porcelaine, les années 1995 et 1996 ont suivi le processus précédent, avec la définition du concept, du plan média, d'une image et d'un logo, " on avait tout à craindre ". Cette fois-ci, il y avait la réussite et les réalisations concrètes et mesurables sont arrivées en 1997, ce qui prouve que lorsque les gens ont un intérêt commun et... les pieds sur terre, il est possible d'avancer.

     

    En 1997, se met en place la signalétique de la route, avec un beau logo, très coloré, et stylisé de manière actuelle. Puis c'est la réalisation et la distribution de 100 000 dépliants en région centre et dans les départements limitrophes.

     

    La notion de " route " dans le tourisme a pris ces dernières années des proportions importantes. On trouve les routes des vins dans plusieurs régions de France, la route des Châteaux de la Loire ou des Châteaux Cathares. Plus proche de nous, la route Georges Sand couvre le Berry et la route Jacques Coeur propose aux touristes, une vingtaine de palais , musées abbayes ou châteaux, tous liés par le souvenir, plus ou moins virtuel, au grand argentier de Charles VII.

     

    La route de la porcelaine

     

    Sur le dépliant, richement illustré, la route de la porcelaine se présente en 15 étapes distantes de quelques kilomètres seulement. C'est le pôle de l'or blanc en Berry. On trouve des usines de fabrication qu'il est possible de visiter comme Porcelaine Avignon à Bruère Allichamps qui fait aussi bien dans la vaisselle que dans les moyens nécessaires à l'élaboration des turbines des avions Airbus. Dans la région historique de la porcelaine en Berry, c'est à dire Foecy et Mehun se situent deux " grands ", les Etablissements Philippe Deshoulières et Pillivuyt. Outre la découverte de la fabrication, avec 17 opérations manuelles successives, il existe aussi une salle d'échantillons et un magasin pour ne pas repartir les mains vides.

    Des boutiques sont aussi situées sur le parcours, comme Annie Porcelaine à Vignoux-sur-Barangeon ou Chêne Saint Louis et porcelaine Jacques Coeur à Mehun-sur-Yèvre.

     

    Mais la porcelaine, c'est aussi le décor, et depuis plus d'un siècle, les décorateurs berrichons sont devenus les égaux des stylistes parisiens. A Brinay, vous visiterez Art Décor et à Vierzon, Monique Robert. Enfin, un tout nouveau, Créacéram, qui vient de créer plusieurs décors utilisés dans des techniques très diversifiées.

     

    Toujours dans ce domaine de l'artisanat d'art, à Berry-Bouy se situe Arlette Alzat et ses fleurs de porcelaine. Création et fabrication de fleurs de porcelaine, entièrement manuelles, c'est une longue tradition familiale. Cela remonte aux années 1880 où l'arrière grand-mère de l'artiste actuelle réalisait des pièces uniques pour la Manufacture de Sèvres.

     

    Le pôle de la porcelaine de Mehun

     

    S'il est exact qu'une route se prend du début à la fin, on peut évoquer de manière particulière le Pôle de la Porcelaine de Mehun.

    Ouvert depuis le premier juillet 1997, c'est un lieu nouveau de visite, car il est situé au pied du célèbre château construit par le duc de Berry.

    Dans un bâtiment rénové, qui servi au centre Régional des métiers d'arts, se trouve une exposition comprenant sur 500 mètres carrés, plus de 2000 pièces de collection dans une exposition permanente, à laquelle il convient d'ajouter une présentation thématique temporaire. Ces collections proviennent en grande partie des productions Pillivuyt.

    Beaucoup d'objets dans les vitrines montrent la technique complexe de cette industrie. Et des photos d'époque rappellent les aspects sociaux et les anecdotes de ces pionniers en Berry.

    Le visiteur peut aussi admirer des pièces très rares et particulièrement remarquables, comme cette Fontaine 1900 de Pillivuyt ou les tendances de l'Art Déco avec Louis Lourioux qui a eu beaucoup d'influence sur nos contemporains.

     

    Mais le sommet de la visite, c'est un parcours initiatique d'une douzaine de minutes dans une salle où vous est contée l'histoire de la porcelaine.

    Par un jeu de lumières, de son, d'eau jaillissante, de feu et de couleur, vous entrez dans le monde de l'émotion. Et la matière, peu à peu se transforme en porcelaine.

    Ce " spectacle " suit une scénographie de Christine de Vichet et Philippe Noir pour la société Itinérance. Ils ont réalisé les spectacles de lumière du Mont-Saint-Michel puis des Imaginaires d'Azay-le-Rideaux, et celui de Mehun, avant de créer pour l'an 2000, " les chemins de lumières dans les rues et monuments de Bourges. 

     

     


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique